La nouvelle loi sur l’énergie interdit la construction de nouvelle centrale. Si l’on suppose que les centrales actuelles ne seront pas éternellement prolongées, alors elles seront un jour mises hors service et aucune électricité nucléaire ne sera plus produite en Suisse (la centrale nucléaire la plus jeune de Suisse aura plus de 50 ans en 2035). Or les centrales nucléaires produisent actuellement près de 40% de l’électricité du pays. Comme la production nucléaire peut fluctuer d’une année à l’autre à cause de variations dans la durée d’arrêt pour contrôle et réparation, le graphique ci-dessous indique la production nucléaire de 2005 à 2015. A titre de comparaison, il indique aussi la valeur indicative pour la production d’électricité renouvelable non-hydraulique. La production hydraulique (*) et la consommation d’électricité (**) pouvant être considérée constantes, c’est ces nouvelles énergies renouvelables qui devraient compenser la production nucléaire, sauf recours à davantage d’importations d’électricité ou à la production d’électricité à partir d’énergies fossiles.

remplacement nucléaire

Source: mon graphique sur la base des chiffres de production nucléaire de la Statistique suisse de l’électricité 2015 (tableau 6) , de la valeur indicative de la nouvelle loi sur l’énergie, et des prévisions de la CEATE-E.

Les mesures prévues dans la nouvelle loi sont loin de remplacer la sortie du nucléaire. Même si les valeurs indicatives étaient respectées, cela ne permettrait pas de remplacer le nucléaire. De plus, ces valeurs indicatives ne sont pas des objectifs contraignants et ne seront vraisemblablement pas respectées. On peut imaginer que i) on ne sortira pas réellement du nucléaire (les centrales existantes étant constamment prolongées), ou ii) la production nucléaire sera pour plus de moitié remplacée par des importations d’électricité, ou iii) des mesures supplémentaires seront prises qui ne sont pas indiquées dans cette loi (une nouvelle loi sur le CO2 a été soumise en consultation, des réflexions ont lieu concernant le marché de l’électricité après 2020). En tous cas, la population se trouve contrainte de se prononcer sur un texte qui prévoit formellement la sortie du nucléaire sans dire comment.

 

(*) La valeur indicative pour la production hydraulique étant quasiment la même qu’actuellement, le potentiel peut être considéré comme épuisé. Dans les prévisions de la CEATE-E il y avait par contre 3.3 milliards de kWh supplémentaires de l’hydraulique, soit un peu moins de 3 milliards de kWh supplémentaires si on considère la différence avec 2015. La prise en compte de ces 3 milliards de kWh ne changerait pas la conclusion selon laquelle les mesures prévues dans la nouvelle loi ne compenseront que partiellement la sortie du nucléaire.

(**) Le respect des valeurs indicatives pour la consommation d’électricité devrait conduire à une légère baisse de la consommation totale d’électricité (sous certaines hypothèses d’évolution de la population). Mais les mesures du premier paquet ne conduisent qu’à une approximative constance de cette consommation. On peut se demander si même cette approximative constance sera atteinte, car les mesures visant à l’utilisation efficiente de l’électricité sont relativement légères.

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